À Covè, un braqueur présumé, visiblement plus à l’aise avec une arme qu’avec un carnet de commandes, a tenté de vendre une motocyclette volée à un acheteurs qui n’était rien d’autre qu’un policier en tenue civile, requis pour les besoins de la cause. Autant dire que la négociation a été brève, et le prix finalement payé en menottes.

Tout commence après le dernier vol à mains armées enregistré dans l’arrondissement de Houin-Hounso. Les réseaux de renseignements sont mis en branle pour identifier les auteurs de ces actes criminels. Le jeudi 10 septembre 2026, une information digne de foi parvient aux enquêteurs du commissariat de l’arrondissement de Covè : un citoyen bien connu des services de police s’apprêterait à vendre une motocyclette d’origine douteuse. L’heure de la vente étant précisée, l’équipe mise en place a très tôt pris possession des lieux du rendez-vous, situé dans le village Bagon, dans l’arrondissement de Lainta-Cogbé. Un cadre paisible, presque bucolique, choisi sans doute pour la discrétion qu’il offre aux transactions sans facture.

C’est alors que le suspect, ne se doutant de rien, s’est pointé au lieu convenu où l’attendait impatiemment l’acheteur. Mais cet acheteur si patient, si motivé, n’était autre qu’un fonctionnaire de police en tenue civile, requis pour la circonstance. L’assaut donné a permis d’appréhender le vendeur avec une moto Bajaj rouge dont il était incapable de donner l’origine. Un détail fâcheux pour un commerçant, mais finalement secondaire puisque la transaction s’est achevée avant même d’avoir commencé.

Une fois maîtrisé, le suspect a fait preuve d’une coopération remarquable, presque touchante. Il a proposé à l’équipe de l’amener tranquillement à son domicile pour appâter ses acolytes. Conduit à Dékpada, il a utilisé son téléphone pour inviter ses complices, prétextant le partage du revenu issu de la vente de la moto volée. Une promesse alléchante, à laquelle plusieurs d’entre eux n’ont pas su résister. Ils sont venus, pensant toucher leur part du butin, et furent interpellés. Quant au cerveau de la bande, plus méfiant ou simplement mieux informé, il n’a pas mordu à l’appât et ne s’est pas présenté. Il est activement recherché.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Poursuivant les investigations, les enquêteurs ont découvert que les braqueurs, après leur forfait, étaient allés voir la victime pour lui vendre une autre motocyclette volée, fruit d’un autre braquage. Une démarche commerciale audacieuse : proposer à une personne que l’on vient de dépouiller d’acheter une autre moto volée relève d’un sens du service après-vente pour le moins discutable. Ladite moto a été ramenée au commissariat pour nécessité d’enquête.

Les investigations se poursuivent, et le fugitif est activement recherché. Peut-être est-il déjà en train de préparer sa prochaine vente, en espérant cette fois tomber sur un acheteur moins regardant.