Dans la nuit de mercredi à jeudi, le hameau d’Affoutoufadji, situé dans l’arrondissement de Gbanlin, commune de Ouessé, a été le théâtre d’un braquage dont l’amateurisme des auteurs rivalise avec l’audace de la victime. Voulant faire taire un fermier particulièrement résolu, un assaillant a finalement atteint… l’un de ses propres complices.
Vers 2 heures du matin, trois individus armés de fusils artisanaux ont fait irruption dans une ferme où résidait leur cible. Réveillé par le vacarme et par les efforts entrepris pour forcer sa porte, le propriétaire des lieux n’a manifestement pas jugé utile d’attendre que la réunion commence : armé d’un coupe-coupe, il est sorti à la rencontre des visiteurs nocturnes indésirables.
Dans l’échauffourée, l’homme a blessé l’un des assaillants. Une riposte qui, n’a guère été appréciée par la bande. Exaspéré par cette résistance inattendue l’un des braqueurs a alors ouvert le feu. Mais la précision n’étant visiblement pas inscrite au programme de cette opération, le tir a touché maladroitement un membre du groupe.
Profitant de la confusion née de ce coup de feu fratricide, le fermier a pris la fuite afin d’alerter les habitants du voisinage. À son retour, les malfaiteurs avaient déjà quitté les lieux, emportant une somme de 140 000 francs CFA, un téléphone Android de type Redmi 15C ainsi qu’un téléphone à touches de marque Tecno.
Sur les lieux, des traces de sang ont été relevées, indices peu discrets laissés par une équipe de tirailleurs qui semblait avoir oublié que l’exercice du braquage exige, en principe, un minimum de coordination. Deux cartouches de calibre 12 ont également été retrouvées, dont une aurait été utilisée.
Informé des faits, le commissariat de l’arrondissement de Gbanlin s’est rendu sur place pour les constatations d’usage et a ouvert une enquête. Les investigations ont rapidement conduit les agents jusqu’au village de Tozoumè, où un individu blessé se faisait soigner discrètement. Il y a été interpellé en compagnie de deux personnes qui se trouvaient à son chevet.
Confrontés aux éléments matériels recueillis, les suspects sont passés aux aveux et ont dénoncé le présumé cerveau du groupe, arrêté peu après. Les perquisitions menées dans la foulée ont permis de retrouver le fusil qui a servi lors du braquage, soigneusement enterré dans un champ, ainsi que les deux téléphones dérobés.
Une affaire qui rappelle, non sans ironie, que dans certaines expéditions criminelles, le danger ne vient pas toujours de la victime : il peut aussi surgir du canon tenu par son propre complice.
